Inde: Jaipur, le coeur de pierre du Rajasthan, partie 1.

Le fort d’Amber, ancienne capitale du Rajasthan, fut construit à la n du XVIème siècle, et appartient depuis 2013 au patrimoine mondial de l’Unesco. On y monte à pied, en jeep ou à dos d’éléphant, de préférence tôt le matin. L’architecture rajput et la finesse de l’artisanat moghol atteignent ici leur firmament : fastueuse salle des audiences, incroyables portes (celles de Ganesh et du soleil sont des merveilles), hall de la victoire et ses milliers de miroirs, magie du jardin perse, méandres du quartier des femmes (zenana) permettant au maharajah des visites discrètes à ses multiples épouses… Tout respire le luxe et l’harmonie.

L’immense fort surplombe un paysage à couper le souffle, délimité par un long rempart-serpent aux faux airs de muraille de Chine. A flanc de rocher, les ruines des maisons des serviteurs – jusqu’à 400 personnes pour servir quelques dizaines de têtes couronnées ! – s’accrochent à l’histoire. Et l’on mesure combien il devait être bon de quitter un moment son trône d’argent pour venir perdre son regard dans ces montagnes protectrices…

Cérémonie de retournement des morts, Famadihana, Madagascar.

J’ai rêvé de ton père, il disait qu’il avait froid…

Ainsi s’adresse parfois un oncle à son neveu. Mais était-ce vraiment un rêve? Ou simplement, une manière détournée de signifier qu’il serait temps d’honorer les ancêtres.

Bien que principalement pratiquée sur les hauts plateaux, la coutume du famadihana, ou retournement des morts, est pratiquée sous différentes formes par de nombreuses ethnies de Madagascar.

Probablement originaire d’Asie, d’ou sa prévalence dans les ethnie des hauts plateaux, le famadihana se serait développé au 18ème siècle, à l’époque des conquêtes d’Andriampoinimerina, père de Radama premier, quand les corps des soldats morts au combats étaient exhumés du champ de bataille pour être rapatriés dans leur région d’origine.

Toujours pratiquée de nos jours à intervalle régulier de 5 ou 7 ans, cette coutume funéraire onéreuse sert également à resserrer les liens familiaux lors de ces grandes cérémonies, mais donne également des gages de respectabilité à une famille qui affiche ainsi sa réussite et son respect pour la tradition et ses ancêtres.

Cérémonie Antakarana des trombas, retour de l’ esprit des ancêtres, Madagascar.

A Madagascar, la frontière entre la vie et la mort n’est pas aussi clairement définie que dans nos sociétés occidentales. Les défunts y bénéficient d »une place importante dans la société.

Et ce,  encore plus quand ceux-ci sont de sang royal. Ils continuent d »ailleurs de perpétuer leur règne bien après leur disparition et interagissent avec leur descendance à travers les trombas (prononcer tchoumbas), des personnes réceptives aux esprits, dont ils prennent possession lors de cérémonies de transe. Ici, le roi Tsimiaro III, l »actuel souverain des Antakaranas, préside en compagnie du roi de Majunga, à une grande cérémonie en l’honneur de ses ancêtres disparus lors des guerres avec l’ethnie Merina.

 

 

 

Cérémonie d’hommage aux ancêtres, Madagascar.

Aux yeux de nombreuses ethnies malgaches, il est important que les morts reposent auprès de leurs ancêtres. Ainsi, quand une partie de cette famille originaire du village d’ Ankazambo  et expatriée à Majunga, commença à accumuler les revers de fortune et les soucis de santé, il fut rapidement établit que les ancêtres manifestaient leur mécontentement de voir leurs descendance inhumée loin de chez eux.

Ne pouvant rapatrier les corps si loin pour les ramener à leur terre d’ origine, il fut décidé d’ organiser une importante cérémonie pour honorer la mémoire des ancêtres, et leur demander l’ autorisation d inhumer maintenant les défunts de la famille près de leur nouveau  lieu de résidence.

On prépara donc une grande fête, où toute la famille et le village furent conviés. On pilla le riz, on bu et on dansa plus que de raison. Puis, visite fut rendue au cimetière, dans une grotte au flanc de la montagne. On ouvrit les cercueils, on fit quelques offrandes symboliques, et on passa un bon moment en compagnie des ancêtres. Enfin,  on sacrifia un zébu dont le sang versé scella la réconciliation entre les vivants et les morts.